Les Tristes Clones

Lieu d'expréssion de passions, dIdées, d’Impressions et de Pensées Libres. Philosophie, science, religion, métaphysique et physique, arts, sociologie, économie.S'exprimer, partager ses réflexions, et non ses réactions épidermiques
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
Partenaires

créer un forum

      


Partagez | 
 

 « Complotiste » et fier de l’être !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
TristeClown
Admin
avatar

Gémeaux Dragon Messages : 130
Date d'inscription : 28/06/2011
Age : 41
Localisation : Dans ses reves...

MessageSujet: « Complotiste » et fier de l’être !   Sam 30 Juil - 23:09

Source :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/complotiste-et-fier-de-l-etre-96238


Citation :
Je sais ce que vous allez dire : encore un article sur la « théorie du complot » ! Seulement on a écrit tellement de bêtises à ce sujet qu’une petite mise au point m’a paru utile. J’ai essayé d’éviter deux excès courants. Le premier consiste à nier en bloc l’existence des complots, et à discréditer comme « complotistes » ou « conspirationnistes » tous ceux qui croient à l’existence de complots. Le second excès consiste à voir des complots partout. La vérité, me semble-t-il, est entre les deux. Oui, il y a bien des conspirations… Mais les plus dangereuses ne sont pas forcément les plus cachées. Le grand complot, en un sens, se trame sous nos yeux…

Les « petits » complots

Dieu a parfois des idées très étranges. Je ne prétends pas critiquer son œuvre, mais tout de même, je m’interroge : pourquoi a-t-il créé les anti-complotistes radicaux ? Les anti-complotistes radicaux, vous en avez sans doute déjà rencontrés. Ce sont ces êtres un peu désagréables que Dieu a programmés pour rire aux larmes dès qu’ils entendent le mot « complot ». Ce sont ces mêmes gens qui, après avoir séché leurs yeux, vous disent avec un aplomb infini : « Désolé, mais je ne crois pas en la théorie du complot. » Ce genre de discours est plutôt agaçant. Par bonheur, il n’est pas très difficile d’y répondre.

On peut d’abord faire remarquer qu’aucun historien sérieux ne nie l’existence de nombreux complots. Ces derniers peuvent être de natures très variées. Citons, entre autres, les ententes illégales entre grandes entreprises (exemple : France Telecom, SFR et Bouygues Telecom), ou encore les préparatifs de coups d’État, tel celui qui a été organisé par la CIA contre Mossadegh en 1953. Le président de l’Iran avait eu à l’époque le tort de nationaliser des compagnies pétrolières occidentales. La responsabilité des États-Unis dans ce coup d’État a été officiellement reconnue par Madeleine Albright en 2000, puis par Barack Obama en 2009. Tout aussi célèbre est le complot qui a préparé le 11 septembre… 1973 – date du renversement de la démocratie chilienne par Pinochet.

De manière générale, la grande majorité des coups d’État a été préparée par des comploteurs. On voit mal comment un homme seul ou un groupe d’hommes mal organisés pourraient renverser un pouvoir en place. Il en va de même pour les attentats terroristes. Celui du 11 septembre 2001 ne fait pas exception à la règle. Quels qu’en soient les responsables, il est certain qu’il est le résultat d’un complot. Sur ce point, les tenants de la « version officielle » sont d’accord avec leurs adversaires.



Le grand complot

Il y a donc bien des complots, cela est indéniable pour peu qu’on soit un peu de bonne foi. Seulement, me dira-t-on : tout cela, ce sont de « petits » complots - des conspirations qui ne concernent qu’un domaine très particulier (comme le secteur de la téléphonie mobile) ou un territoire donné (l’Iran, le Chili, etc.). Qu’en est-il du complot mondial dont on nous rebat les oreilles sur AgoraVox ou ailleurs ? Eh bien ! ce complot existe. En revanche, il est d’une nature très particulière : moins occulte, moins centralisé, moins spectaculaire que les complots locaux dont j’ai parlé plus haut, il n’en est pas moins très efficace, et hautement nuisible.

Ce complot, c’est celui qui se trame depuis environ quarante ans contre la démocratie. Les « élites » de tous les continents, malgré leurs rivalités, conspirent contre les masses afin d’instaurer, sinon un gouvernement mondial, du moins des régimes de plus en plus oligarchiques. Il y aurait un peu l’équivalent de ce qui s’est produit à la fin du XVIIIème siècle, quand certains monarques européens ont momentanément oublié leurs différends pour soutenir leur cousin Louis contre les révolutionnaires français. Il en va de même aujourd’hui : les grandes entreprises, les chefs d’État, les magnats de la presse et les spéculateurs peuvent se livrer une rude concurrence, ils n’en sont pas moins unis contre les peuples qu’ils ont entrepris de diriger, de manipuler ou de faire travailler.

Cette thèse, bien entendu, fait l’objet de multiples objections. Je vais me contenter d’en étudier deux, ce qui me permettra au passage de préciser ma pensée.



La démocratie n’est-elle pas un mythe ?

On pourrait d’abord dire qu’il ne peut pas y avoir de complot contre la démocratie parce que la démocratie n’a jamais existé. Même chez les Athéniens, les masses n’avaient qu’un pouvoir très limité. Non seulement les femmes, les esclaves et les « métèques » étaient dépourvus de pouvoir politique, mais les citoyens eux-mêmes, dans les faits, n’étaient pas à égalité. On le voit bien dans les dialogues de Platon : les plus riches avaient les moyens de se payer les leçons des sophistes et des maîtres de rhétorique, grâce auxquels ils acquéraient une éloquence fort utile dans les débats politiques. Mais si la démocratie athénienne était imparfaite, que dire de nos « démocraties représentatives » ? Les « représentants du peuple » ont-ils jamais représenté autre chose qu’eux-mêmes ou que les intérêts des classes dominantes ? Déjà Rousseau, au XVIIIème siècle, était extrêmement méfiant à l’égard de la démocratie parlementaire. Dans le Contrat social, il affirme qu’une république digne de ce nom doit être constituée de citoyens qui participent directement au pouvoir législatif : la volonté du peuple souverain est inaliénable. La suite de l’histoire semble lui avoir donné raison. Comme l’ont bien vu les marxistes et les anarchistes du XIXème siècle, la « démocratie » moderne a toujours été le gouvernement de la bourgeoisie, par la bourgeoisie et pour la bourgeoisie. Son but était moins de promouvoir la liberté que de protéger les riches propriétaires capitalistes contre les masses exploitées.

Cela étant dit, il serait simpliste de rejeter en bloc toutes les réalisations des démocraties représentatives. Sous la pression de mouvements révolutionnaires, les classes dominantes ont dû lâcher du lest : accepter le droit de grève, instaurer peu à peu une protection sociale et un impôt progressif sur le revenu, accorder le droit de vote à tout le monde… Jusque dans les années 1970, les inégalités de richesses et de niveau d’instruction ont considérablement diminué dans les pays industrialisés – y compris aux États-Unis, malgré leur haine du communisme. Parallèlement à cette évolution sociale, une évolution « sociétale » a permis un certain recul du racisme, du sexisme et de l’homophobie. L’égalité des droits, sans laquelle aucune égalité politique n’est possible, a gagné du terrain. À défaut d’une véritable démocratie, il y a donc bien eu un grand mouvement de démocratisation dans les pays occidentaux.

Or, cette tendance s’est inversée depuis une trentaine d’années. Sous l’impulsion de politiciens de droite, comme Thatcher et Reagan, mais aussi de sociaux-démocrates convertis au capitalisme libéral, les inégalités se sont accrues, la misère et la précarité se sont développées, les représentants du peuple sont devenus de moins en moins représentatifs des classes populaires et l’abstention électorale n’a cessé de croître. Les gouvernements ont donc perdu une grande part de leur légitimité, ce qui les a conduits à modifier la législation dans un sens toujours plus « sécuritaire » – non tant, bien entendu, pour garantir la sécurité des citoyens, que pour garantir leur propre sécurité contre les citoyens. Malgré leurs belles idées libérales, les capitalistes ne sont pas très attachés à la liberté individuelle de leurs adversaires potentiels – c’est-à-dire de tous les citoyens ordinaires. Quant aux réformes « sociétales », elles se sont sans doute poursuivies, mais leurs effets sont devenus moins évidents. Les problèmes de racisme et de sexisme sont inextricablement liés à des problèmes économiques, et il est vain de prétendre résoudre ces questions « sociétales » tout en négligeant la question sociale.

À quoi cette évolution est-elle due ? Faut-il voir là les effets d’une conspiration ? En un sens, oui. Certes, il n’est pas question de minimiser d’autres causes, comme l’imitation du modèle anglo-saxon ou la chute de l’Union soviétique. Voyant le succès politique de Thatcher et Reagan, constatant par ailleurs que la menace communiste n’était plus qu’un souvenir, les « élites » bourgeoises se sont empressées de détricoter la plupart des progrès sociaux, politiques et juridiques des décennies passées. Mais ces causes n’expliquent pas tout : pour être plus efficaces, les élites se sont concertées et se concertent encore. Elles se rencontrent et élaborent des stratégies à tous les niveaux : au niveau national (par exemple dans des clubs comme Le Siècle), régional (Union européenne, ALENA, etc.) ou international (FMI, OMC, forum de Davos, groupe Bilderberg, Commission Trilatérale, etc.). Il y a donc bien une sorte de conspiration des « élites » du monde entier, non pas pour instaurer un régime oligarchique – car ce régime est déjà là – mais pour purger ce régime de tout reste de démocratie. Les « élites » financières, industrielles, politiques et médiatiques ont déjà un pouvoir économique et politique gigantesque, mais elles ne sont jamais rassasiées : il leur faut toujours plus de richesses, de puissance et de prestige.



Un secret de Polichinelle ?

À vrai dire, tout cela n’est plus un grand mystère. L’oligarchie est devenue tellement puissante qu’il est difficile de l’ignorer. Quand un peuple s’aperçoit que ses dirigeants ne tiennent aucun compte de la volonté qu’il a exprimée lors d’un référendum, il commence à comprendre à quel point le mot « démocratie » a perdu de sa substance. On pourrait encore parler du pouvoir immense des banques et des organisations financières qui, après avoir perdu des sommes astronomiques en jouant au casino, sont capables d’extorquer des milliards aux États sans que ceux-ci n’aient le courage ou la volonté d’exiger aucune contrepartie sérieuse.

D’ailleurs de plus en plus de voix se font entendre – y compris dans les médias « autorisés » – pour révéler ce secret de Polichinelle. Signalons au passage Hervé Kempf, journaliste au monde et auteur de l’essai L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie ou encore Alain Cotta, économiste et ancien membre de la Commission Trilatérale – dont une interview à Radio Notre Dame a révélé qu’il ne croit pas en l’illusion démocratique. Confession d'autant plus intéressante qu'elle émane d'un oligarque, ou du moins d'un proche des milieux dirigeants... Avec un cynisme presque sympathique, M. Cotta dit clairement que le régime oligarchique n'est pas forcément mauvais, et qu'il est "naturel" à toute société humaine.

Mais si l’existence de l’oligarchie est bien connue, si les « élites » se réunissent principalement dans des institutions officielles (Commission européenne, Parlement européen, OMC, FMI…) ou des clubs qui ont pignon sur rue (Trilatérale, le Siècle, etc.), peut-on encore parler de conspiration ? Pour qu’il y ait conspiration, il faut du secret. Or, les décisions et les stratégies de ces organisations ne sont pas vraiment cachées. De nombreux documents élaborés par ces organisations sont accessibles au grand public. Et puis, depuis le temps que l'oligarchie manœuvre pour augmenter son pouvoir, détruire les libertés publiques et les droits sociaux, on commence à savoir où elle veut en venir et par quelles voies.

Voilà une objection sérieuse à ma thèse « conspirationniste ». Elle n’est pourtant pas tout à fait irréfutable, et j’y répondrai dans un prochain article. Car j’ai pitié de vous, amis lecteurs. Le texte que vous venez de lire était déjà bien long, et je m’en voudrais d’abuser de votre patience. À très bientôt, donc.

_________________
Nous vivons une époque fascinante, de là à dire qu'elle est belle ou saine, il y as un gouffre dont je ne m'approcherais pas.
Revenir en haut Aller en bas
http://tristesclones.forumgratuit.org
 
« Complotiste » et fier de l’être !
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Fier d'être français ?
» [Lexique héraldique] Fier
» INFP et fier de l'être !
» Le livre de la semaine.« Fier d'être Arabe et Chrétien ». Saïd Oujibou répond à Paul Ohlott
» Vidéo-info : "Stryper, un groupe rock chrétien dont il faut se méfier" !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Tristes Clones :: Gènes et Râles :: Discutions et débats.-
Sauter vers: